Enfants et écrans : les impacts du confinement

par Alexandra

La pandémie de Covid-19 a bouleversé nos habitudes de vie. Fêtes et mariages reportés, études interrompues, certains secteurs du travail complètement chamboulés… la liste est longue ! Mais un des impacts les plus forts s’est fait ressentir au sein des familles, dont le quotidien se digitalise de plus en plus.

Parents et enfants étant coincés chez eux, les écrans prennent plus de place pour tout le monde. Pendant que les adultes sont en télétravail, les plus petits suivent souvent leurs cours à distance. Mais le confinement n’a fait que renforcer des tendances déjà présentes. Bien avant la pandémie, 52% des parents affirmaient être accros à leur smartphone, et 89% des enfants de moins de 8 ans utilisaient déjà un écran tactile.

Quels risques comporte l’utilisation du digital par les enfants ? Comment gérer la situation en période de pandémie ? Petit tour d’horizon dans cet article.

Pré-pandémie, 80% des enfants s’intéressaient déjà aux écrans !

À partir de 3 ans, la majorité des enfants sont régulièrement exposés aux écrans interactifs. Ils préfèrent généralement les tablettes classiques, tandis qu’un tiers d’entre eux jouent sur le smartphone. Plus encore que leurs parents avant eux, ils grandissent dans un univers numérique dont ils apprennent rapidement à maîtriser les codes.

Bien entendu, les marques n’hésitent pas à exploiter ce filon lucratif. De plus en plus d’applications et outils divers sont exclusivement marketés pour les jeunes. Messenger Kids, par exemple, est une application développée par Facebook et calquée sur le modèle de Facebook Messenger. Sa cible : les enfants de 6 à 12 ans. Facebook a bien entendu promis qu’il n’y aurait pas de publicité sur ce nouveau service, mais on peut tout de même se poser des questions sur l’éthique de la chose…

Les parents ne sont pas mieux lotis. En 2012, une étude britannique indiquait que 66% des utilisateurs de smartphone ressentaient une « souffrance » s’ils devaient s’en passer. Les Anglais ont même inventé un concept pour cette addiction au digital : la nomophobie (« no mobil phobia »). Une addiction plus insidieuse que le tabac ou l’alcool, puisqu’elle est centrée sur un objet qui fait partie intégrante de notre quotidien.

Quels dangers pour les enfants ? L’overdose du numérique

Chez les adultes, le temps passé devant l’écran peut impacter négativement la mémoire et les capacités de concentration. Rien d’étonnant à cela : lorsque nous oublions une information, il est plus facile de saisir son portable que d’essayer de s’en rappeler. Et avoir Internet à portée de main, c’est aussi avoir une source inépuisable de distractions. Sans oublier les effets délétères du multitasking : la vérité est que le cerveau n’est pas conçu pour faire plusieurs choses en même temps !

Chez les enfants, ces risques potentiels peuvent être redoublés. Leur cerveau est encore en état de construction et ils n’ont pas les mêmes capacités de discipline personnelle que les adultes. (Et les adultes ont déjà du mal à résister à leur smartphone…) Les jeux sur applications peuvent devenir rapidement addictifs. Ceci pourrait entraver le bon développement de leurs capacités de langage.

Un autre danger possible, c’est tout simplement que les enfants perdent leur intérêt pour le monde qui les entoure. Beaucoup d’entre eux (28%) préfèrent déjà jouer avec des applications de smartphone plutôt qu’avec des jouets classiques. Or l’exploration et la créativité sont une partie cruciale du développement des tout-petits. Les jeux, la lecture, les rencontres, les sorties dans la nature… tout ceci développe leurs capacités cognitives, empathiques et sociales.

Une heure à jouer sur Candy Crush, c’est très amusant, mais ça n’amène pas exactement les mêmes bénéfices !

Comment gérer le temps que passent les tous petits sur Internet ?

Les parents sont généralement conscients de l’impact potentiel des nouvelles technologies sur leurs bouts de choux. Ainsi, 97% affirment avoir mis des règles en place pour encadrer leur usage. Les méthodes plébiscitées : activement encourager les enfants à s’amuser sans écrans, éviter d’utiliser le smartphone devant eux, et fixer des horaires d’utilisation. Près de 30% des parents choisissent de parler ouvertement des risques d’Internet avec leurs enfants.

Des techniques qui vont dans le sens des spécialistes. Elsa Job-Pigeard, co-fondatrice de l’association « joue pense parle », conseille d’éviter les écrans avant l’âge de 3 ans : « Le jeune enfant a besoin de tout son temps et de toute son attention pour découvrir le monde avec ses 5 sens et un adulte disponible à ses côtés. (…) Entre 3 et 10 ans, le temps d’exposition aux écrans ne devrait pas dépasser 10 à 20% du temps libre de l’enfant. »

Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste renommé, préconise quant à lui la règle « 3-6-9-12 » : pas de télévision avant 3 ans, pas de console de jeu avant 6 ans, pas d’Internet avant 9 ans, et pas de réseaux sociaux avant 12 ans. Surtout, les parents doivent donner l’exemple et ne pas rester scotchés à leur smartphone : après tout, les enfants apprennent par imitation !

Les écrans : pas forcément néfastes

Cependant, il convient aussi de nuancer le tableau. Comme souvent, le problème n’est pas tant l’outil en lui-même que l’usage qui en est fait. Pendant le confinement, les enfants de 6 à 12 ans ont passé en moyenne 7 heures par jour derrière les écrans : mais c’était principalement dans un but éducatif, pour assister à leurs cours à distance.

Par ailleurs, les familles font aussi usage du numérique pour se rapprocher. Catherine Dessinges, maîtresse de conférences à l’Université Lyon 3, révèle que « les écrans ont été beaucoup utilisés à des fins qualitatives et sociales. Ils ont été une interface de communication. » Par exemple, pour discuter avec les membres de la famille plus éloignés.

 

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8 commentaires

SABRINA 20 octobre 2020 - 14 h 31 min

ça me conforte dans mon choix de limiter les écrans. Mes filles ne regardent la tv que de temps en temps. Ma grande prend parfois une tablette mais ça reste rare. On a même pas de console !

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crozaclive 20 octobre 2020 - 16 h 03 min

Perso, je pense qu’il faut nuancer effectivement car ça dépend de ce qu’ils font derrière ces écrans. Si c’est pour l’éducation ou des jeux ludiques où si c’est pour des jeux de guerre dont j’ai horreur

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Les tests de Stéphanie 20 octobre 2020 - 17 h 40 min

ici sa reste controler , a coté on fait beaucoup d’activité ect

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sophie pipelette 20 octobre 2020 - 23 h 17 min

Coucou on a pu gérer, mais j’avoue que des moments ce n’était pas évident pour, eux et pour nous…

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Girls n Nantes 21 octobre 2020 - 10 h 02 min

j avoue ils ont eu un peu plus d’écrans pendant le confinement avec notamment les cours sur ordinateur mais ensuite on est à nouveau revenus au mode initial
on joue même plus aux jeux de société classiques et les légos sont de sortie à nouveau !

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Laura 21 octobre 2020 - 15 h 36 min

Coucou,

Ici c’est un combat permanent. Je ne suis pas très loisirs créatifs, disons que je ne sais pas dessiner etc donc compliqué de faire des activités et mon fils se lasse vite. MAIS, je ne veux pas qu’il reste scotché à un écran toute la journée. Alors on sors, on se ballade en forêt, il va à la piscine ou tout simplement il lit dans sa chambre ou joue.

Parfois, c’est source de conflit, car lui aimerait y être constamment et moi non. Tout comme il n’a pas le droit de prendre mon téléphone etc.

belle journée,
Laura – Happy Lobster

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maman et sa chipie 21 octobre 2020 - 16 h 00 min

C’est un article tres interessant ! Chipie n’a pas trop touchés aux ecrans mais on fait attention;)

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Sarah 23 octobre 2020 - 0 h 26 min

C’est vrai que le confinement n’a pas aidé! Ici ça va

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